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Haikyo

18 Déc

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Au Japon, le terme haikyo (廃虚) désigne une ruine. C’est également le terme consacré pour l’Exploration Urbaine (ou URBEX),que je pratique depuis quelques années….

Pratique sportive, excitante, exaltante, de temps en temps risquée, flirtant parfois avec l’illégalité, je m’y consacre avec enthousiasme en gardant en tête le leitmotiv de l’urbexeur : « Ne laisse rien d’autre que tes traces de pas, n’emporte rien d’autre que des photos« .

Les haikyo sont particulièrement nombreux au Japon pour plusieurs raisons. Les différentes crises économiques ont affecté des entreprises, parcs d’attractions ou même services publics qui ont fermé du jour au lendemain. L’exode rurale est importante et les maisons ou bâtiments ont souvent une faible valeur foncière et ne trouvent pas d’acquéreurs.

Western Park

J’effectue ma première exploration d’Haikyo 12 heures après mon arrivée au Japon ! A peine arrivé à Nikko, je laisse mon sac à la consigne de la gare et file vers le spot que j’ai localisé pendant les quelques heures d’attente du premier train matinal à l’aéroport de Tokyo.

L’accès à la friche est aisé, la clôture n’est pas très haute mais je préfère la contourner en passant par un talus boisée (je n’ai donc pas commis d’effraction :p ).

L’endroit a été assez peu visité, c’est un régal !

Pendant 2h je me mets dans la peau d’un cow-boy dans cette ville morte. En dehors de l’inévitable outrage du temps et des intempéries, l’endroit est étonnamment bien conservé. La plupart des structures sont encore en place et il reste même dans le restaurant des conserves et des bouteilles pleines !

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Dreamland

Le parc Dreamland à Nara a connu son heure de gloire. Malheureusement la création de 2 nouveaux parcs (Disneyland et Universal studio park) lui a été fatal !

L’entrée dans ce parc est plus délicat. De haut grillages en interdisent l’accès, des vigiles patrouilles de temps en temps et des caméras à détection de mouvement se déclenchent à l’approche des abords du parc. Mais rien n’est impossible pour moi au pays de ninjas !

Je passerais pratiquement une journée entière dans ce parc. La pluie fine et incessante rend cependant le bois de certaines installations glissant, ce qui me pousse à renoncer à mon ascension au sommet des montagnes russes.

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Le sanatorium

A l’instar de nombreux pays Européens, il fut une époque où les tuberculeux, personnes âgées ou déficients mentaux étaient mis à l’écart soignés dans des sanatoriums à l’écart des villes.

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L’hôtel Maya

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Cet ancien hôtel de style art déco, situé sur les hauteurs de Kobe, a appartenu à la compagnie de téléphériques et fut très prisé dans les années 30. La seconde guerre mondiale, des typhons et surtout le seisme de 1995 ont eu raison de lui. Il s’agit maintenant d’un spot classique connu de tous les urbexeurs Japonais.

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J’irais dormir sur le Mur – Chine – Septembre 2013

21 Oct

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Tout à commencé à Oulan Bator. C’était un de ces soir où, après avoir éclusé quelques bouteilles avec mes colocataires de la Guesthouse, je suis resté discuter avec un français qui me raconte avoir dormi sur la grande muraille… Je note consciencieusement toutes les infos ; le n° de bus et le prix à négocier avec le taxi pour la fin de la course, le camp militaire à contourner, etc… J’ai probablement du rêver du mur cette nuit là…

Mon séjour Pékin s’est vite révélé oppressant : le smog omniprésent, les publicités agressives, les files d’attente à chaque lieu touristique… En réalité, mon passage par la Chine était surtout opportuniste ; tous les vols entre la Mongolie et l’Australie faisaient escale en Chine, le Transsibérien était une alternative plus agréable et moins onéreuse à l’avion et c’était surtout une bonne occasion de voir mes potes Jovial a Beijing et Fylait, Fanfan et Julie à Wuxi.

Bref, rien ne me retient à Pékin et l’excursion sur le mur m’apparaît à ce moment comme la seule visite intéressante.

Le trajet jusqu’au mur est déjà délicieux : prendre un premier bus puis, arrivé au terminus, répondre par un grand sourire aux nombreux taxis qui m’affirment que le bus suivant ne roule pas ce jour là et continuer mon chemin jusqu’à l’arrêt du second bus qui m’amène au village de Gubeikou, puis prendre un taxi et lui expliquer que je ne suis pas intéressé par la partie rénovée mais que je veux me rendre sur la partie est du mur, faire semblant de ne pas comprendre quand il me dit que je n’ai pas le droit de dormir sur le mur et que je n’aurais pas le temps de randonner jusqu’au prochain village et enfin arriver au pied du mur car c’est là qu’on le voit le mieux (1)…

Je commence donc (péniblement) ma randonnée pour arriver sur la crête. Ouch ! Je sue à grosses gouttes en me demandant s’il était bien utile d’emporter 5 litres d’eau, mon duvet et tout le matériel qui pèsent au final 12kg alors qu’il fait plus de 30°C. J’arrive enfin sur une section de la muraille n’ayant jamais été réhabilitée. La plupart des tours de guet sont complètement effondrées mais le chemin est bien là et la vue magnifique.

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Après une première heure de marche, je doit quitter le mur pour emprunter un sentier contournant le camp militaire, je redescend au milieu des champ de maïs puis le sentier sinueux passe plusieurs fois à proximité du mur. Je suis évidemment tenté d’y retourner mais les vigies du camp militaire ont vite fait de calmer mes ardeurs. Après plusieurs heures et une petite escalade, je peux enfin retourner sur le mur ! Il était temps, le soleil ne va pas tarder à se coucher !

La partie du mur à laquelle j’accède a partiellement été rénovée, j’explore plusieurs tours et je jette finalement mon dévolu sur une large tour dont seuls les murs subsistent et ont été consolidés, je suis donc protégé du vent tout en pouvant profiter du ciel étoilé. Je suis donc, le temps d’une nuit, seul seigneur en ma demeure dont j’arpente les murs crénelés et les tours de guet !

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Je me réveille avec le soleil, il est 5h30 et des écureuils s’amusent à se pourchasser sur les murs et je me rappelle que j’ai dormi sur la Grande Muraille, franchement il y a pire comme réveil !

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Je me prépare le petit déj et fais rapidement mon sac pour reprendre ma ballade : je suis tout seul sur la Grande Muraille et j’en profite : je cours, je gueule, je fais le con, je m’en fout, je suis seul en mon royaume pour quelques heures encore.

Les premières personnes que je croise sont les marchands d’eau et de souvenirs qui arrivent vers 9h, alors que j’ai atteint la partie la plus touristique de cette section. Vers 10h les premiers touristes seront là et à midi ils arriveront par car entiers. La civilisation reviendra à (contre ?) moi et il sera temps de redescendre. En attendant, je continue ma randonnée, et fait quelques rencontres intéressantes. Je n’irais pas jusqu’au bout de mon excursion car une section est fermée pour travaux sans alternatives de contournement. Qu’importe, le suis fatigué mais satisfait !

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(1) : Et oui cher(e) lecteur(rice), encore une fois, tu n’échapperas pas à ma référence à 2 balles…