J’irais dormir sur le Mur – Chine – Septembre 2013

21 Oct

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Tout à commencé à Oulan Bator. C’était un de ces soir où, après avoir éclusé quelques bouteilles avec mes colocataires de la Guesthouse, je suis resté discuter avec un français qui me raconte avoir dormi sur la grande muraille… Je note consciencieusement toutes les infos ; le n° de bus et le prix à négocier avec le taxi pour la fin de la course, le camp militaire à contourner, etc… J’ai probablement du rêver du mur cette nuit là…

Mon séjour Pékin s’est vite révélé oppressant : le smog omniprésent, les publicités agressives, les files d’attente à chaque lieu touristique… En réalité, mon passage par la Chine était surtout opportuniste ; tous les vols entre la Mongolie et l’Australie faisaient escale en Chine, le Transsibérien était une alternative plus agréable et moins onéreuse à l’avion et c’était surtout une bonne occasion de voir mes potes Jovial a Beijing et Fylait, Fanfan et Julie à Wuxi.

Bref, rien ne me retient à Pékin et l’excursion sur le mur m’apparaît à ce moment comme la seule visite intéressante.

Le trajet jusqu’au mur est déjà délicieux : prendre un premier bus puis, arrivé au terminus, répondre par un grand sourire aux nombreux taxis qui m’affirment que le bus suivant ne roule pas ce jour là et continuer mon chemin jusqu’à l’arrêt du second bus qui m’amène au village de Gubeikou, puis prendre un taxi et lui expliquer que je ne suis pas intéressé par la partie rénovée mais que je veux me rendre sur la partie est du mur, faire semblant de ne pas comprendre quand il me dit que je n’ai pas le droit de dormir sur le mur et que je n’aurais pas le temps de randonner jusqu’au prochain village et enfin arriver au pied du mur car c’est là qu’on le voit le mieux (1)…

Je commence donc (péniblement) ma randonnée pour arriver sur la crête. Ouch ! Je sue à grosses gouttes en me demandant s’il était bien utile d’emporter 5 litres d’eau, mon duvet et tout le matériel qui pèsent au final 12kg alors qu’il fait plus de 30°C. J’arrive enfin sur une section de la muraille n’ayant jamais été réhabilitée. La plupart des tours de guet sont complètement effondrées mais le chemin est bien là et la vue magnifique.

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Après une première heure de marche, je doit quitter le mur pour emprunter un sentier contournant le camp militaire, je redescend au milieu des champ de maïs puis le sentier sinueux passe plusieurs fois à proximité du mur. Je suis évidemment tenté d’y retourner mais les vigies du camp militaire ont vite fait de calmer mes ardeurs. Après plusieurs heures et une petite escalade, je peux enfin retourner sur le mur ! Il était temps, le soleil ne va pas tarder à se coucher !

La partie du mur à laquelle j’accède a partiellement été rénovée, j’explore plusieurs tours et je jette finalement mon dévolu sur une large tour dont seuls les murs subsistent et ont été consolidés, je suis donc protégé du vent tout en pouvant profiter du ciel étoilé. Je suis donc, le temps d’une nuit, seul seigneur en ma demeure dont j’arpente les murs crénelés et les tours de guet !

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Je me réveille avec le soleil, il est 5h30 et des écureuils s’amusent à se pourchasser sur les murs et je me rappelle que j’ai dormi sur la Grande Muraille, franchement il y a pire comme réveil !

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Je me prépare le petit déj et fais rapidement mon sac pour reprendre ma ballade : je suis tout seul sur la Grande Muraille et j’en profite : je cours, je gueule, je fais le con, je m’en fout, je suis seul en mon royaume pour quelques heures encore.

Les premières personnes que je croise sont les marchands d’eau et de souvenirs qui arrivent vers 9h, alors que j’ai atteint la partie la plus touristique de cette section. Vers 10h les premiers touristes seront là et à midi ils arriveront par car entiers. La civilisation reviendra à (contre ?) moi et il sera temps de redescendre. En attendant, je continue ma randonnée, et fait quelques rencontres intéressantes. Je n’irais pas jusqu’au bout de mon excursion car une section est fermée pour travaux sans alternatives de contournement. Qu’importe, le suis fatigué mais satisfait !

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(1) : Et oui cher(e) lecteur(rice), encore une fois, tu n’échapperas pas à ma référence à 2 balles…

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5 Réponses to “J’irais dormir sur le Mur – Chine – Septembre 2013”

  1. Gabriel 21 octobre 2013 à 9 h 03 min #

    Ça a l’air drôlement chouette de dormir sur là-bas, tu nous vends du rêve là vraiment !
    Pas trop infesté par les rats palmistes et autres scolopandres velus ?
    J’adore la dernière photo, il a vraiment l’air d’un redoutable lui, il me fait penser à un personnage sorti tout droit d’un album de Tintin sorti du placard de Goeulzin… A bientôt pour un nouvel épisode !

    • outang 21 octobre 2013 à 15 h 25 min #

      non, juste des scorpions (d’ailleurs c’est marrant, ils sont phosphorescents à la lumière noire)

      • BigBen 30 octobre 2013 à 22 h 05 min #

        Des scorpions, passe encore mais tu te trimballes avec une lumière noire ???

  2. BigBen 30 octobre 2013 à 22 h 04 min #

    Hé ben dis donc ! Fallait oser !
    Chapeau bas !

    Et les photos sont encore superbes !

    Bravo et merci pour ton récit !
    a+
    Benoit
    Ps: j’ai beaucoup aimé ton « faire semblant de ne pas comprendre « 

  3. ffred 30 novembre 2013 à 16 h 49 min #

    joli mec! et les pérroquets tu ne les aurais pas vu au zoo de Sigean?

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