Randonnées à Prachuap Kiri Khan

7 Mar

Peu de touristes étrangers s’arrêtent à Prachuap Kiri Khan. La plupart remontent depuis Koh Samui, Phuket ou Krabi directement vers Bangkok sans prendre le temps de visiter cette étroite région coincée entre la Birmanie et le golfe de Thaïlande.On y trouve pourtant de magnifiques plages, des chemins de randonnée dans les montagnes frontalières avec la Birmanie parfaitement balisés, de nombreuses chutes d’eau et pas moins de 4 parcs nationaux abritant grottes, singes, oiseaux et éléphants. Les Thaïlandais ne s’y trompent d’ailleurs pas et le tourisme local y est important les week-ends et pendant les vacances.

C’est donc là que j’ai posé mon sac pour quelques jours et ou m’a rejoint Céline, l’une de mes comparses de voyages.

Parmi nos randonnées Ao Manoa, Sam Roi Yot et Nam Tok Huai Yang ont été les plus remarquables.

Ao Manoa se trouve en plein milieu d’une zone militaire. Ce qui n’est pas une contrainte mais, au contraire, très avantageux ; la plage est entreteIMG_7535nue par les soldats de la base aérienne et les installations militaires préservent de la constructions de complexes hôteliers. Ao Manao est un havre de paix. L’eau y est transparente et la mer aux tons émeraudes est bordée par une longue plage de sable fin aux bords de laquelle se dressent des cocotiers. A l’extrémité nord de la plage, se dresse le mont Khao Lommuak qui est le refuge des singes langurs. Contrairement à leurs congénères agressifs et chapardeurs qui peuplent le Wat Thammikaram de Prachuap, les langurs sont paisibles et étonnamment patients, même lorsqu’on leur distribue de la nourriture. L’ascension du mont est ardue et parfois plus proche de l’escalade que de la randonnée alors que la température dépasse largement les 30°C. On sue à grosses gouttes et nos gourdes se vident rapidement. Heureusement, le parcours est pourvu de cordes qui facilitent notre progression et, une fois au sommet, la vue est magnifique et le vent qui y souffle est le bienvenu ! Nous pouvons distinguer sur plusieurs dizaines de kilomètres les baies des alentours ainsi que les bateaux qui mouillent dans la baie de Prachuap.

IMG_7590                                   photo : Céline Caudron

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Le jour suivant, nous partons pour le parc national de Sam Roi Yot où se trouvent quelques chemins de randonnée et plusieurs grottes dont la plus connue est celle de Phraya Nakhon. A l’intérieur de cette grotte se trouve un puits de lumière au centre duquel a été construit un pavillon. Nous projetons donc de visiter les trois grottes en une journée. La première grotte, IMG_7675Tham Sai, est accessible après une marche d’approche de 30mn. Elle est composée d’une première salle, éclairée par un puits de lumière puis d’une seconde salle, plus profonde dont le fond comporte également un puits de lumière qui éclaire de magnifiques formations calcaires. La végétation et l’arbuste qui poussent à la verticale du premier puits de lumière m’évoque immanquablement une scène des Gaspards avec Michel Serrault et Philippe Noiret. Dans la seconde salle, l’accès au puits de lumière est encadré par deux piliers massifs garnis de draperies et de méduses et aux pieds desquels s’étalent des goures. A la différence des grottes que j’ai pu visiter au Vietnam, où le sol était nivelé, le parcours encadré par des barrières et les salles éclairées par des projecteur, les grottes de ce parc sont en l’état. Seules quelques flèches indiquent le parcours à suivre et des panneaux invitent à ne pas toucher les formations calcaires. Pour s’éclairer, nous devons apporter nos propres lampes (ou en louer pour quelques baths à l’entrée de la grotte).

Lorsque nous arrivons à Tham Kaeo, la seconde grotte, il n’y a personne et une barrière bloque la route. Un panneau (en Thaïlandais) semble indiquer qu’elle est fermée. Malheureusement, nous ne savons pas lire le Thaïlandais, nous décidons donc d’aller vérifier par nous même si la grotte est ouverte. Nous ne croisons personne, pas même les loueurs de lampes. Heureusement que nous avons nos propres lampes torches ! On accède à la première salle par une échelle métallique. Les formations calcaires y sont également remarquables. Cependant, nous ne trouvons pas de flèches nous indiquant de parcours. N’y a-t-il qu’une salle ? Nous finissons par trouver une flèche au fond de la salle qui nous amène vers une chatière par laquelle nous devons ramper. Le réseau est en réalité assez étendu. Nous devons nous y reprendre à plusieurs fois pour trouver notre chemin. Certains passages sont délicats, notamment lorsque le calcaire est recouvert d’une coulée de boue rendant le sol glissant, mais cette exploration est un régal par les formations calcaires qui nous y admirons mais surtout par son aspect brut et par la liberté dont nous jouissons.

Lorsque nous sortons de la grotte, il est déjà 16h, le petit déjeuner est loin derrière nous, nous avons faim ! Une pause déjeuner (et une surtout bonne bière fraîche!) s’impose. Il est malheureusement trop tard pour se rendre à la grotte Phraya Nakhon qui nécessite une marche d’approche de plus d’une heure. L’éventualité de revenir de nuit par un sentier escarpé nous semble trop périlleux. Nous sommes un peu déçus mais l’excursion de la grotte Tham Kaeo en valait indéniablement la peine !

Nam Tok Huai Yang est un immense parc naturel s’étendant sur 161 km² à la frontière de la Birmanie avec de nombreuses cascades et un sommet culminant à 1 250m. Ce parc mérite d’y rester plusieurs jours. Nous nous contenterons cependant de parcourir les chemins de randonnée autour des chutes d’eau de Huai Yang. Il s’agit en réalité d’un ruisseau dont le parcours est étagé de bassins créant des chutes d’eau de quelques mètres. Les chutes d’eau en elles mêmes ne sont pas impressionnantes mais la randonnée entre chutes d’eau et forêt tropicale est agréable. Cette randonnée était beaucoup plus reposante que les précédentes mais venait compléter notre journée commencée par la visite du musée du monde sous marin à Wa Ko (à 20bath l’entrée, soit 0,45€, on aurait eu tort de passer à coté !).
Au final, un séjour dans un endroit magnifique où je retournerais volontiers (mais plutôt à une saison plus fraîche) et qui, après 3 jours de plongée à Koh Tao et 2 jours de randonnée à Koh Phangan, viens compléter une bonne semaine sportive.

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Haikyo

18 Déc

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Au Japon, le terme haikyo (廃虚) désigne une ruine. C’est également le terme consacré pour l’Exploration Urbaine (ou URBEX),que je pratique depuis quelques années….

Pratique sportive, excitante, exaltante, de temps en temps risquée, flirtant parfois avec l’illégalité, je m’y consacre avec enthousiasme en gardant en tête le leitmotiv de l’urbexeur : « Ne laisse rien d’autre que tes traces de pas, n’emporte rien d’autre que des photos« .

Les haikyo sont particulièrement nombreux au Japon pour plusieurs raisons. Les différentes crises économiques ont affecté des entreprises, parcs d’attractions ou même services publics qui ont fermé du jour au lendemain. L’exode rurale est importante et les maisons ou bâtiments ont souvent une faible valeur foncière et ne trouvent pas d’acquéreurs.

Western Park

J’effectue ma première exploration d’Haikyo 12 heures après mon arrivée au Japon ! A peine arrivé à Nikko, je laisse mon sac à la consigne de la gare et file vers le spot que j’ai localisé pendant les quelques heures d’attente du premier train matinal à l’aéroport de Tokyo.

L’accès à la friche est aisé, la clôture n’est pas très haute mais je préfère la contourner en passant par un talus boisée (je n’ai donc pas commis d’effraction :p ).

L’endroit a été assez peu visité, c’est un régal !

Pendant 2h je me mets dans la peau d’un cow-boy dans cette ville morte. En dehors de l’inévitable outrage du temps et des intempéries, l’endroit est étonnamment bien conservé. La plupart des structures sont encore en place et il reste même dans le restaurant des conserves et des bouteilles pleines !

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Dreamland

Le parc Dreamland à Nara a connu son heure de gloire. Malheureusement la création de 2 nouveaux parcs (Disneyland et Universal studio park) lui a été fatal !

L’entrée dans ce parc est plus délicat. De haut grillages en interdisent l’accès, des vigiles patrouilles de temps en temps et des caméras à détection de mouvement se déclenchent à l’approche des abords du parc. Mais rien n’est impossible pour moi au pays de ninjas !

Je passerais pratiquement une journée entière dans ce parc. La pluie fine et incessante rend cependant le bois de certaines installations glissant, ce qui me pousse à renoncer à mon ascension au sommet des montagnes russes.

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Le sanatorium

A l’instar de nombreux pays Européens, il fut une époque où les tuberculeux, personnes âgées ou déficients mentaux étaient mis à l’écart soignés dans des sanatoriums à l’écart des villes.

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L’hôtel Maya

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Cet ancien hôtel de style art déco, situé sur les hauteurs de Kobe, a appartenu à la compagnie de téléphériques et fut très prisé dans les années 30. La seconde guerre mondiale, des typhons et surtout le seisme de 1995 ont eu raison de lui. Il s’agit maintenant d’un spot classique connu de tous les urbexeurs Japonais.

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Le château dans le ciel

14 Déc

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Il ne s’agit pas d’un véritable château mais des ruines d’un ancien château (en réalité les fondations en pierre ayant supporté le château en bois). Il est surnommé le Machu Picchu Japonais, en raison de la forme des ruines qui évoque les anciennes citées mayas et du fait qu’il se trouve au sommet d’une montagne d’où, certains jours au lever du soleil, il émerge d’une mer de nuage.

C’est Nao, une amie qui habite Osaka, qui me propose cette excursion. Elle sait qu’après une semaine de visite de temples, sanctuaires et parcs, je veux voir autre chose ! Elle me propose donc de partir le lendemain soir pour une randonnée vers un château en ruines, le programme est déjà alléchant et, dès qu’elle me montre des photos du château au milieu des nuages, je suis définitivement convaincu. Nao s’occupe de tout ; réserver les billets de train, l’hôtel, et les topos pour la randonnée. On arrive le lundi, tard dans la soirée et filons rapidement dans nos lits, sachant que le lendemain nous nous lèverons de bonne heure…

Le réveil à 4h du matin fait un peu mal et me rappelle ces randonnées où l’on peste contre les horaires matinaux avant de reconnaître que l’enjeu en vaut la peine. On s’habille rapidement mais chaudement, la température extérieure avoisine les 0°C et l’hygrométrie est élevée !

On file à la gare où le train nous emmène en moins d’1/4 d’heure au village de Takeda, surplombé par les ruines du château. Mais ce n’est pas par l’ascension vers le château que nous commençons. Nous nous dirigeons vers un sommet voisin qui nous permettra d’admirer le lever du soleil sur le château au milieu de la mer de nuage. C’est à la lueur des lampes frontales et en plein brouillard que nous entamons notre randonnée. Nous avançons à une rythme soutenu ; on a rendez-vous avec le château, le soleil et les nuages à 6h30 ! On arrive tant bien que mal à s’orienter, on ne voit pas à plus de 5m et les regards sont attirés par les gouttelettes blanches qui virevoltent devant les frontales. Nous ne sommes même pas certains de pouvoir profiter du spectacle ; certains jours les nuages sont trop bas et restent au fond de la vallée alors que d’autres jours le brouillard ou la pluie masquent le paysage.

A 6h, nous sortons enfin du manteau nuageux ! On peut distinguer dans l’obscurité les sommets avoisinants. Le château est toujours sous les nuages. Il nous reste un peu de temps avant le lever du soleil, nous décidons donc de continuer l’ascension jusqu’à trouver un emplacement suffisamment haut et dont la vue est dégagée. L’aube élargit peu à peu notre champ de vision et les nuages commencent à se déchirer de sorte à ce que nous distinguions les premiers contreforts du château. Et puis c’est tout le château qui émerge et qui semble flotter au milieu de la mer de nuage ! Synchronisation parfaite, le soleil entre dans la partie et pointe ses rayons sur le château !

C’est magnifique ! Entre la randonnée à allure forcée et l’émerveillement face à ce spectacle, nous n’avons pas échangé beaucoup de mots dans la matinée mais il y a un mot que nous prononçons en même temps et que nous répéterons de multiples fois dans la journée : « Sugoï » !

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Mais la randonnée n’est pas finie, nous redescendons jusqu’au village pour ensuite remonter vers le château. Le soleil brille, la température monte en flèche et c’est en sueur que nous arrivons en haut ! La vue depuis le château est également impressionnante, alors que les nuages, à l’exception de quelques uns toujours accrochés sur quelques pics rocheux ou pentes boisées, s’écoulent dans la vallée.

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Après nous être extasiés une nouvelle fois, nous redescendons vers la gare pour repartir vers Osaka. Pas le temps de traîner, Nao doit aller bosser en fin de journée ! Confortablement installés dans les fauteuils du train, le sommeil nous gagne rapidement…

Ce fut indéniablement l’une de mes meilleures journées au Japon et également la confirmation (une fois de plus) de la chance hautement appréciable d’avoir des amis locaux qui arrivent à comprendre exactement mes attentes et qui les satisfont en me faisant découvrir des lieux improbables.

Momijigari – L’automne au Japon

4 Déc

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Après deux mois en Australie, me voici au Japon, étape inattendue dans mon périple (décidée en dernière minute afin d’assister au mariage de mon cousin Gabriel, mais comme dirait le philosophe après avoir honoré le Chine, il eu été dommage de ne pas profiter des Nippons) qui m’emmènera à Nikko, Gunma, Nara, Kyoto, Osaka, Kobe et Tokyo…

En arrivant d’Australie, le changement est assez sévère ! C’est d’abord le climat qui frappe : adieu les 30°C et le soleil estival de Sydney et bonjour les températures hivernales entre 0 et 10°C et les nuits qui tombent à 16h30 ! Bien évidement la cultures et les comportements sont également très éloignés, alors que les Australiens sont exagérément exubérants, les Japonais sont discrets et font preuve d’une particulière retenue (sans doute l’habitude de vivre dans des habitations dont les murs sont, au sens propre, en papier). Et c’est surtout les temps consacré au travail qui est effarant; alors que mes amis Australiens étaient facilement disponibles après leur boulot, il est fréquent de finir très tard au Japon (même les étudiants !)…

Ma première étape est donc Nikkō, célèbre pour ses nombreux temples inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO et son parc national.

Parmi les différents temples, le plus connu est le temple Toshogu où se trouvent les célèbres singes de la sagesse sculptés par Hidari Jingoro (non, cher lecteur, ne prends pas cet air ahuri ! Il s’agit des fameux trois singes qui se cachent les yeux, les oreilles et la bouche illustrant la maxime chinoise « Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire », référence qu’on retrouve notamment sur les réalisations d’Aliaa Magda Elmahdy, Keith Haring ou dans les films How I met your mother , Friends ou encore la planète des singes. Ah, voilà, tu situes mieux, maintenant ?). C’est dans le temple Toshogu que se déroule le mariage. Étrange impression que de participer à un mariage shintoïste où l’on ne comprend pas la signification des rites ni les mots ( ah, si, j’ai compris de suite quand le kannushi a dit « kampai ») et que des centaines de touristes nous prennent en photo !

Chaque ville ou village comporte des dizaines de temples boudhistes et/ou Shintoiste (c’est d’ailleurs assez perturbant de consulter la carte d’une ville japonaise car chaque temple y est symbolisé par une svastika qui, bien avant d’être appropriée par le régime nazi, est un symbole bouddhiste.) bordés par des parcs qui prennent de magnifiques couleurs jaunes et rouges en automne en raison des érables et des ginkgos biloba.

Les meilleures périodes pour apprécier les parcs au Japon sont le printemps pour les Sakura (fleurs de printemps) et l’automne pour les Momijigari (紅葉狩), littéralement formé des mots momiji (紅葉), « feuiles rouges » et kari (狩り), « chasse ». Me voila donc parti à la chasse aux feuilles rouges !

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Je dois cependant reconnaître, qu’au bout d’un moment, on se lasse des temples et des parcs, qui sont certes magnifique mais avec une dizaine de temples dans chaque bled et des érables partout, on frôle l’indigestion !

Après plusieurs jours de visites de temples, jardins, et parcs, j’ai donc besoin de m’évader un peu et d’explorer des endroits moins fréquentés et plus insolites ! Ça tombe bien, j’ai justement réussit à obtenir la localisation de plusieurs Haikyo !

The Great Ocean Road

15 Nov

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La Great Ocean Road, c’est un grand classique en Australie ! C’est l’une des plus belles routes du monde dont de nombreuses portions surplombent l’océan et offrent une vue imprenable. C’est également l’occasion de multiples ballades dans des parcs nationaux abritant koalas, wombats, kangaroos, opossum et oiseaux colorés.

La Great Ocean Road est facilement accessible depuis Melbourne et certains la « font » sur la journée mais elle mérite bien mieux ! Chaque plage, chaque chute d’eau, chaque forêt sont un appel pour s’arrêter et profiter de l’endroit (oui Cher(e) Lecteur(rice), tu l’auras deviné, je suis littéralement tombé sous le charme des lieux !).

Me voici donc parti avec Simon et Karin (deux backpackers suisses rencontrés à Melbourne) vers Adelaïde par la fameuse Great Ocean Road. Après 2h de route, nous atteignons l’océan et nous nous arrêtons immédiatement puis nous déchaussons pour une ballade sur la plage. Sentir le sable chaud entre ses orteils, se faire éclabousser par les vagues qui viennent mourir à nos pieds : priceless !

La première grosse étape est Lorne. On arrive vers 16h, ce qui nous laisse le temps de faire une randonnée avant le coucher du soleil. Nous choisissons de descendre Cora Lynn Creek, Une rivière encaissée dans la rainforest. Le parcours est impressionnant. Après un accès facile aux cascades, nous suivons la rivière dans son lit et la promenade devient plus périlleuse. On saute de pierre en pierre, parfois on traverse la ruisseau en équilibre sur des troncs couchés ou en opposition entre la paroi et les arbres. Le parcours est particulièrement humide, la végétation est abondante, les eucalyptus ont cédé la place à la mousse et aux fougères arborescentes et pierres et tronc sont particulièrement glissants, on finira tous les pieds mouillés…

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La ballade aura finalement duré 3h. On installe donc le camp et prépare le repas alors que la nuit est tombée mais on a le sourire aux lèvres !

Le lendemain, on enchaîne les ballades pendant plus de 5h : Phantom falls, the Canyon, Henderson falls, Kalimna falls.

The Canyon porte particulièrement bien son nom est fut ma ballade préférée du jour : après une marche d’approche facile, la flèche indiquant la parcours est orientée vers le sol… WTF ?!? On découvre alors un puit au niveau du sol par laquelle nous devons passer ; j’adore ! Après avoir désescaladé quelques mètres, nous passons une étroiture pour déboucher dans un canyon où les fougères arborescentes abondent. On s’accorde assez peu de poses et, après plus de 16km de rando, on est pressés d’arriver au van pour manger un morceau !

Le déjeuner rapidement préparé et englouti (vive les nouilles instantanées !), on reprend la route pour quelques km jusque Kennet River où l’on s’arrête de nouveau pour se promener entre les eucalyptus sur lesquels sont perchés des dizaines de koalas….

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On reprend la route peu avant le coucher du soleil jusqu’au prochain freecamp, situé à quelques mètres de la plage, le soir on dormira bercés par le bruit des vagues 🙂

La journée suivante sera consacré au plus touristique des spots de la Great Ocean Road : Twelve Apostles (qui ne sont en réalité plus que 8) et loch ard gorge. C’est majestueux et on comprend pourquoi c’est l’attraction principale de la Great Ocean Road ! Etretat en plus grand, en plus chaud et (malheureusement) sans le bruit des galets remués par les vagues.

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La journée sera ainsi ponctuée par de nombreux arrêts pour profiter des plages et du paysage…

Nous nous arrêterons un peu avant Portland dans un autre parc national : Mont Clay State Forest. L’endroit est agréable et il y a de nombreux barbecues à disposition (le repas du soir sera gargantuesque) et, pour ajouter à la magie des lieux, nous aurons l’agréable surprise de partager le site avec des wallabies (qui sont malheureusement protégés dans le parc national, c’est balot quand même, on avait les BBQ.) !

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Nous sommes arrivés à la fin de la Great Ocean Road, nous filons alors vers Adélaide et avalons les 690 km dans la journée.

Nous aurons pleinement profité des paysages et des nombreux animaux en plein liberté !

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Quelques jours plus tard, j’ai eu le choix entre revenir sur Melbourne en une journée par l’autoroute ou en 4 jours par le Great Ocean Road. Je n’ai pas hésité longtemps, je n’étais pas pressé ^^

 

On the road…

30 Oct

Alors voilà, à peine arrivé en Australie, j’ai fais l’acquisition d’un magnifique Econovan maxi Ford tout équipé (i.e. cuisine intégrée, douche solaire, lit, rangements multiples, table bar, table et chaises de camping, hache, palmes&tuba, cannes à pêche).

Les formalités sont simples et rapides. Surtout à Sydney où, afin d’éviter les transactions de backpackers en pleine rue, la ville a mis en place un carmarket où vendeurs et acheteurs sont accompagnés dans leurs démarches et où les vans sont parqués cote à cote, ce qui facilite la comparaison pour l’acheteur. J’ai donc fait l’acquisition de mon van en moins de 24h !

Avoir un van en Australie, ça n’est pas seulement un moyen de locomotion, c’est ta garantie de liberté, la possibilité de partir quand tu veux, ou tu veux (ou de ne pas partir d’une soirée parce que tu as pu te garer en face et que tu sais que tu n’auras pas à aller loin pour t’effondrer aller te coucher), c’est un toit avec des roues… En fait c’est également aussi parce que j’en avait envie et que c’est la classe (yeah !)…

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Cela fait donc un mois que je vie dans ma nouvelle « maison ».

Forcément, au bout d’un moment tu finis par avoir une relation particulière avec ton van : Tu t’excuses auprès de lui quand tu passes un dos d’âne trop vite ou quand tu passes la 3° au lieu de la 5°, tu reconnais ses odeurs : celle de l’essence, du liquide de refroidissement, des freins et de l’embrayage qui chauffent, tu es familier avec les bruits : les tasses qui s’entrechoquent, les amortisseurs qui gémissent, l’embrayage qui entre en résonance à une certaine fréquence… (et c’est là que je réalise, avec un profond désarrois, qu’après m’être ouvertement moqué des personnes qui parlent de leur voiture comme d’une personne et qui ont leur voiture en photo de profil sur FB, je fais exactement la même chose…. VDM). Ne me demandez pas son nom, il n’en a pas ! C’est juste « le van », faut pas déconner quand même, ça reste qu’une bagnole !

En Australie, être sur la route, pour quelques jours ou depuis des années, avec son van ou sa caravane est tout à fait dans les habitudes. On croise donc des gens de tous âges et de toutes catégories sociales avec leur tente ou leur caravane sans que cela n’évoque inéluctablement le camping des flots bleus ! Du surfeur, avec les planches sur le toit à John, le papi nomade, chacun trouve sa place sur la route et y cohabite parfaitement.

La bible du campeur est le Camp wide qui recense toutes les aires de repos (campings ou arrêts de jours) gratuits ou peu chers, et ça c’est vraiment LE truc à avoir dans son van !

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Il permet de trouver où se ravitailler en eau, de trouver une douche ou encore de profiter des barbecues en libre service ! Et oui, car une des institutions en Australie, c’est le Barbecue (BBQ) !

Oubliez le BBQ à charbon format A4 au fond du jardin familial, ici c’est le format XXL !

Le bonheur, c’est qu’on trouve des BBQ en libre service un peu partout : des BBQ électriques (qui en réalité est plutôt une plancha) dans les espaces publics des grandes villes, ou sur les aires de repos des autoroutes, ou un espace destiné au feu de bois avec une plaque en fonte amovible dans les campings et les Parcs Nationaux.

Vous l’aurez compris la vie en van me permet profiter pleinement des magnifiques paysage et, quand la nuit approche, de me poser dans l’un des nombreux campings gratuits pour me cuisiner de délicieux lamb chops accompagnés d’une bonne bière et, après un sommeil réparateur, de repartir sur la route…

J’irais dormir sur le Mur – Chine – Septembre 2013

21 Oct

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Tout à commencé à Oulan Bator. C’était un de ces soir où, après avoir éclusé quelques bouteilles avec mes colocataires de la Guesthouse, je suis resté discuter avec un français qui me raconte avoir dormi sur la grande muraille… Je note consciencieusement toutes les infos ; le n° de bus et le prix à négocier avec le taxi pour la fin de la course, le camp militaire à contourner, etc… J’ai probablement du rêver du mur cette nuit là…

Mon séjour Pékin s’est vite révélé oppressant : le smog omniprésent, les publicités agressives, les files d’attente à chaque lieu touristique… En réalité, mon passage par la Chine était surtout opportuniste ; tous les vols entre la Mongolie et l’Australie faisaient escale en Chine, le Transsibérien était une alternative plus agréable et moins onéreuse à l’avion et c’était surtout une bonne occasion de voir mes potes Jovial a Beijing et Fylait, Fanfan et Julie à Wuxi.

Bref, rien ne me retient à Pékin et l’excursion sur le mur m’apparaît à ce moment comme la seule visite intéressante.

Le trajet jusqu’au mur est déjà délicieux : prendre un premier bus puis, arrivé au terminus, répondre par un grand sourire aux nombreux taxis qui m’affirment que le bus suivant ne roule pas ce jour là et continuer mon chemin jusqu’à l’arrêt du second bus qui m’amène au village de Gubeikou, puis prendre un taxi et lui expliquer que je ne suis pas intéressé par la partie rénovée mais que je veux me rendre sur la partie est du mur, faire semblant de ne pas comprendre quand il me dit que je n’ai pas le droit de dormir sur le mur et que je n’aurais pas le temps de randonner jusqu’au prochain village et enfin arriver au pied du mur car c’est là qu’on le voit le mieux (1)…

Je commence donc (péniblement) ma randonnée pour arriver sur la crête. Ouch ! Je sue à grosses gouttes en me demandant s’il était bien utile d’emporter 5 litres d’eau, mon duvet et tout le matériel qui pèsent au final 12kg alors qu’il fait plus de 30°C. J’arrive enfin sur une section de la muraille n’ayant jamais été réhabilitée. La plupart des tours de guet sont complètement effondrées mais le chemin est bien là et la vue magnifique.

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Après une première heure de marche, je doit quitter le mur pour emprunter un sentier contournant le camp militaire, je redescend au milieu des champ de maïs puis le sentier sinueux passe plusieurs fois à proximité du mur. Je suis évidemment tenté d’y retourner mais les vigies du camp militaire ont vite fait de calmer mes ardeurs. Après plusieurs heures et une petite escalade, je peux enfin retourner sur le mur ! Il était temps, le soleil ne va pas tarder à se coucher !

La partie du mur à laquelle j’accède a partiellement été rénovée, j’explore plusieurs tours et je jette finalement mon dévolu sur une large tour dont seuls les murs subsistent et ont été consolidés, je suis donc protégé du vent tout en pouvant profiter du ciel étoilé. Je suis donc, le temps d’une nuit, seul seigneur en ma demeure dont j’arpente les murs crénelés et les tours de guet !

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Je me réveille avec le soleil, il est 5h30 et des écureuils s’amusent à se pourchasser sur les murs et je me rappelle que j’ai dormi sur la Grande Muraille, franchement il y a pire comme réveil !

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Je me prépare le petit déj et fais rapidement mon sac pour reprendre ma ballade : je suis tout seul sur la Grande Muraille et j’en profite : je cours, je gueule, je fais le con, je m’en fout, je suis seul en mon royaume pour quelques heures encore.

Les premières personnes que je croise sont les marchands d’eau et de souvenirs qui arrivent vers 9h, alors que j’ai atteint la partie la plus touristique de cette section. Vers 10h les premiers touristes seront là et à midi ils arriveront par car entiers. La civilisation reviendra à (contre ?) moi et il sera temps de redescendre. En attendant, je continue ma randonnée, et fait quelques rencontres intéressantes. Je n’irais pas jusqu’au bout de mon excursion car une section est fermée pour travaux sans alternatives de contournement. Qu’importe, le suis fatigué mais satisfait !

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(1) : Et oui cher(e) lecteur(rice), encore une fois, tu n’échapperas pas à ma référence à 2 balles…

A la rencontre des Tsaatans

23 Sep

 

Après une semaine passée sur UB (Ulaan Baatar), dont 3 jours à partager le quotidien et la ger d’une famille Mongole, il est temps pour moi de découvrir les grands espaces mongols. Je pars en bus avec Boris, un français rencontré sur UB, vers Mörön d’où nous pourrons rejoindre le lac Khovsgöl, une zone très touristique mais idéale pour les randonnées à pieds et à cheval. Seule la première moitié de la route est goudronnée, l’autre partie est une piste plus ou moins carrossable. Il nous faudra 20 heures pour effectuer les 690km qui nous séparent de Mörön.

Le lendemain de notre arrivée à la guesthouse de Bata à Mörön, nous rencontrons d’autres voyageurs (que j’avais pu contacter auparavant) avec qui se profile un plan nettement plus intéressant que le lac : aller en van jusque Tsagaannuur (littéralement : le « lac blanc »)d’où nous partirons à cheval à travers la taïga afin de rencontrer les Tsaatans.

Les Tsaatans sont des nomades qui vivent de la cueillette, de la pêche, de la chasse et de l’élevage de rennes. L’élevage de rennes est la principale activité des Tsaatans. Ils en tirent tout d’abord le lait qui constitue la base de leur alimentation, sous forme de lait caillé séché (aarrul), de crème, de beurre ou ajouté au thé. La chair des rennes est l’apport principal en viande et les bois et la fourrure sont utilisés pour les confections artisanales destinées aux touristes. Mais, à l’instar du cheval, le renne est également largement utilisé comme moyen de locomotion ou pour transporter diverses charges, notamment lors des nombreuses migrations du groupe.

Leur ethnie est composée de 200 à 300 individus vivants à l’extrême nord du pays, entre la frontière de la Sibérie et le lac Khovsgöl. La plupart des Tsaatans est totalement nomade mais quelques familles se sont sédentarisées à Tsagaannuur ou dans la zone très touristiques du lac Khovsgöl.

A la différence des autres nomades mongols, les Tsaatans ne vivent pas dans des gers mais dans des ortz : des tentes similaires aux teepee amérindiens qui présentent l’avantage d’être monté/démonté en quelques heures..

*** voilààààà pour la touche culturelle ! Je pourrais m’étendre d’avantage sur le sujet mais je risque d’en perdre quelques uns….. vous trouverez plus d’infos et ****************

Notre excursion est organisée par Bata, notre hôte de la guesthouse éponyme, qui se charge de trouver un van et un chauffeur, les chevaux et les guides et surtout l’inévitable « border visa ». En effet, l’accès à cette zone protégée et frontalière avec la Russie nécessite l’obtention d’un visa spécifique dont la demande doit être effectuée par un Mongol qui se porte garant.

Notre équipe est constituée de 5 personnes : Hazel, Lital, Daniela, Uriel et moi-même.

Nous voilà donc partis à bord d’un van 4*4 de fabrication russe, héritage de l’ère soviétique, dont les caprices du moteur se régleront à grands coups de marteau et nous permettrons de profiter de nombreuses pauses. Nous mettrons 2 jours (soit 16h de conduite) pour atteindre Tsagaannuur.

Le lendemain, nous partons en direction du Nord-Ouest vers la Taïga. La chevauchée est aisée et les sensations totalement différentes de celles ressenties dans un pré : les grands espaces et l’absence de clôtures ou d’obstacles sont un appel au galop et nous ne boudons pas notre plaisir !

Le jour suivant est totalement différent ; la pluie ne cessera de la journée alors que nous nous enfonçons dans la taïga. Les pentes montagneuses sont entrecoupées de tourbières où le permafrost empêche l’eau de pénétrer dans le sol. Les montagnes, vestiges d’une ancienne activité volcanique, sont constituées de pierriers sur lesquels pousse une forêt de résineux et de bouleaux dont le sol est recouvert de lichen, de mousse et de bois pourri et gorgé d’eau. Les jambes de nos chevaux s’enfonce de 10 à 20 cm à chaque pas. La progression dans ce terrain accidenté est lente et difficile ; montures et cavaliers sont tendus et craignent le faux pas ou la chute qui pourraient s’avérer dramatiques pour nos chevaux. La pluie incessante aura raison de notre équipement, chaussures et vêtements sont totalement trempés et certains de mes compagnons sont frigorifiés et grelottent sur leurs montures. Nous décidons alors de nous arrêter et d’installer le bivouac.

Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas, le lendemain, c’est sous un grand soleil que nous repartons et nous alternerons forêts, torrents, tourbières, lacs, névés et montagnes, jusqu’au col où nous faisons une halte, le temps pour nos guides de faire leurs circumambulations autour de l’Ovoo (qui, comme le stupa, se contourne toujours par la gauche) dont les nombreuses étoffes de couleur bleue s’agitent au vent.

En descendant le col, nous apercevons ENFIN au loin un village Tsaatan composé de 8 ortz (teepee) autour desquels se promène le troupeau d’une centaine de rennes.

Nous sommes invités à pénétrer dans une ortz afin de partager le traditionnel thé au lait de rennes accompagnée d’aaruul. Nous sommes un peu méfiants car, en général, l’aaruul a un goût assez dégueulasse puissant de lait entier qui aurait tourné, alors on en prend un petit bout par politesse qu’on essaie d’avaler rapidement pour pas trop garder le goût dans la bouche et on fait passer le tout à grandes lampée de thé… Mais cette fois, nous sommes agréablement surpris, j’ignore si c’est lié au fait que le lait de renne soit plus léger que le lait de vache ou de yak ou à un mode spécifique de réalisation mais l’aaruul qui nous est servis est tout à fait mangeable et son goût et sa texture rappellent ceux du parmesan.

L’intérieur des ortz est similaire à celui des gers : un poêle au centre d’une pièce unique, un espace de vie autour du poêle et les ustensiles de cuisine dans un coin à la périphérie, ainsi que les effets de la familles, quelques instruments de musiques, parfois un autel bouddhiste ou des éléments rituels chamaniques et des paillasses qui seront déroulées pour la nuit. Les perches qui constituent l’armature de l’ortz servent de supports pour étendre le linge, faire sécher la viande, accrocher un miroir ou suspendre les vêtements.

Les ortz sont équipées de panneaux solaires (grâce à un programme de la Banque Mondiale qui a financé la dotation de 100 000 panneaux solaires pour équiper les habitations nomades en Mongolie) qui alimentent une ampoule, un poste CB qui permet de communiquer régulièrement avec les autres groupes de Tsaatans et, parfois, une télévision et un récepteur satellite.

Nous ne sommes pas les seuls étrangers au village, un groupe d’Italiens est arrivé au village peu avant nous. Vêtements floqués à leurs noms et brodés aux couleurs de leurs sponsors, ils se présentent en tant que mission humanitaire apportant une centaine de kg de farine, de sucre et de riz. Leur comportement nous perturbe ; tels des missionnaires du XXIème siècle, ils érigent leur drapeau au milieu du village, imposent aux villageois de poser en arborant le nom des sponsors et s’invitent dans les ortz avec leurs sièges de camping alors que nos hôtes et nous-mêmes sommes assis par terres (ce sujet sera prochainement développé dans un billet spécifique).

La journée suivante sera mise à profit pour nous reposer des 3 jours consécutifs de chevauchée, discuter avec les Tsaatans et évidemment s’intéresser aux rennes (parce que c’est quand même pas tous les jours qu’on voit Rudolf en vrai…).

Assez étonnamment, les rennes sont peu farouches et particulièrement curieux. Ils sont également très gourmands, surtout de tout ce qui est salé, alors le truc c’est de s’approcher d’eux avec un peu de sel dans la main et on est les meilleurs potes du monde ! Enfin un peu trop même… Parce que du sel, on en laisse sur ses vêtements, ce qui fait la joie des rennes dès qu’on laisse sécher ses fringues après une randonnée. Et le matin, quand tu t’extirpes de ta tente pour aller satisfaire un besoin naturel et que tu sens soudain une langue râpeuse te lécher le c**, c’est assez… déstabilisant !

Le retour sera plus rapide, nous couvrirons la distance en deux petites journées. Une fois revenus à Tsagaannuur, on apprécie la douche publique : une maison en bois dont le rez de chaussé comporte 2 cabines de douches, un fauteuil de barbier et de grandes cuve d’eau chaude. Comme dans la plupart de la Mongolie, il n’y a pas d’eau courante. Ce sont les enfants qui montent les seaux d’eau chaude à l’étage afin de remplir le réservoir de chaque douche.

De retour sur Mörön, après 2 nouvelles journées sur les pistes, nous salivons à l’idée de pouvoir enfin varier notre alimentation qui a été essentiellement constituée de riz, pâtes, concentré de tomates, carottes et choux pendant 10 jours ! Je me charge des courses et de la préparation : entrecôte de bœuf et sa confiture d’oignons, pommes de terres sautées et riz au lait gingembre/cannelle. Malgré la fatigue, aucun de nous n’est pressé d’aller dormir ; un jeu de cartes et quelques bouteilles de bière et de vodka nous animeront notre soirée pendant de longues heures…..

 

Glossaire :

Ger : habitation traditionnelle mongole également connue (à tort) sous le nom de Yourte, qui est en réalité sa dénomination au Kazakhstan

Dwellings ou ortz : tente dans laquelle vivent les Tsaatans (teepee)

Ovoo : monticule de pierres et de bois, orné de rubans bleus porteurs de symboles de prières

Aaruul : lait caillé puis séché

Partir un jour…. (sans retour ?) *

20 Août

Alors voila, ça y est j’y suis !

C’est dans le bus me menant de l’aéroport Gengis Khan à Ulaanbaatar que cette réalité s’impose à moi, prometteuse, excitante et inquiétante à la fois….

Comment j’en suis arrivé là ? Où ai-je trouvé la motivation pour m’extirper de ma zone de confort ? Soyons honnête, il y a un mélange de courage, de curiosité et de rencontres qui ont donné l’impulsion à mon projet mais c’est également beaucoup de bravades et de soutiens qui ont permis de mener ce projet à son échéance départ ! Donc un grand merci à celles et ceux qui m’ont inspiré, qui m’ont soutenu et à celles et ceux qui m’ont dit qu’il était temps d’arrêter mes élucubrations pour passer à l’action.

Il s’agit d’un voyage où je veux privilégier la rencontre, satisfaire mes envies et surtout prendre le temps !

Alors, je ne cherche pas à collectionner les tampons sur mon passeport et je n’ai pas prévu de « faire » tel ou tel pays ( Comme le dit un proverbe gitan : « Ce n’est pas la destination mais la route qui compte« ), je verrais en temps et en heure où le hasard m’emmène !

J’ai 5 ans ! Le nez collé à la vitre du bus, je regarde paysage et visages qui défilent, le regard aimanté par cet ailleurs et l’esprit avide de nouvelles découvertes

Petit à petit, je prends conscience de l’immense liberté dont je jouis et pars à l’assaut de ce challenge prometteur : la Mongolie, c’est maintenant !

* Oui, si, toi aussi, ce titre t’évoque autre chose que le voyage, n’en sois pas honteux !